Des intervenants lors de la conférence-débat organisé(e) par Le Balai
Citoyen et Y'En a Marre Esprit de Paris en hommage à Thomas Sankara,
ont posé cette question : "QUI POUR PRENDRE LA PLACE DE SANKARA ?"
Ma contribution expressément implicite avait dû peut être "choquer"
une partie de l'assistance qui semblait voir, en ce fils certes digne de
l'Afrique Thomas Sankara, qu'une idole qui a lutté contre le pillage en
Afrique dont ses discours m'ont fait frissonné malgré tout. Vous
m'excuserez cette caricature. J'avais en effet dit ce que je réitère en
les confirmant par ces mots : "il ne faut pas surtout prendre Sankara pour exemple
en essayant de le remplacer car comme Lumumba, Amilcar Cabral,
Khadhafi, etc. pour ne citer que ceux-ci car plus nombreux si on tient
compte des premiers résistants africains en passant par El Hadj Omar,
Samory Touré, Alioune Sitoé, Lat Dior, etc. "ILS ONT TOUS ETE TOUS TUES"
étant donné même que leur peuple ignorait souvent qu'ils les
défendaient. Ce qui devrait nous dire que c'est à tous les africains de
les remplacer dans la lutte depuis la base en essayant d'avoir surtout
la conscience qu'ils avaient des intérêts des peuples africains d'où
l'urgence d'une révolution des mentalités de colonisés qu'ont un certain
nombre d'africains et à priori nos dirigeants avant toute réaction
populaire et antidictatoriale mais identifiée ainsi par les peuples
africains et non par les médias occidentaux désinformateurs qui ne
défendent en réalité que les intérêts de leur état d'origine. Le combat
de ces martyrs africains doit plus servir donc la jeunesse africaine de
leçon que d'exemple pour plus de conscience et d'éveil en tout cas du
fait que le continent africain reste constamment pillé par les autorités
des pays en dehors du continent africain par l'intermédiaire des
accords comme l'APE, de l'économie paternaliste bridée autour de la
monnaie "FCFA" (Francs des Colonies Françaises d'Afrique), des relations
telles que "françafrique" ou "USAfrique", des multinationales telles
que Bolloré, Orange ou Total financeurs de conflits en Afrique et
principaux pilleurs sur le territoire africain, etc.
Ce qu'il faut principalement apprendre de l'expérience de ces hommes
qui ont sacrifié leur vie pour l'indépendance et le bien-être des
peuples africains perdu d'avance (années dites d'indépendance) est qu'il
ne faut plus lutter seul comme ils l'ont fait en tant qu'élite non
soutenu par leur peuple contre le pillage des pays africains mais
surtout de chercher d'abord à ce que les peuples africains se
conscientisent eux-mêmes et réciproquement de leurs intérêts dans leur
entièreté mais aussi à coopérer entre eux économiquement, socialement,
politiquement sans intermédiaire extérieur au continent africain
(ex-colonisateurs) avant de lutter pacifiquement contre tout éventuel
embargo par union contre le pillage et en unanimité avec tous les chefs
d'état africain qui s'alterneront d'ici quelques décennies à la tête des
états africains.
L'élément catalyseur de ces soulèvements populaires entamés petit à
petit et un peu partout ces dernières années en Afrique contre "la mythe
et la peur des élites" est la prise de conscience des intérêts
africains par les peuples africains. Un des buts fondamentaux qui doit
en être visé est que l'africain s'auto-décomplexe vis à vis de toute
supposée domination. Les sénégalais ont inscrit le "23-Juin" dans l'anal
d'histoire du continent, aujourd'hui c'est autour des burkinabés
d'inscrire ce "30-Octobre" dans ce même anal en attendant que la
jeunesse (indispensable à toute révolution) des autres pays d'Afrique
sous l'emprise de régimes dictatoriaux se réveillent à l'approche des
prochaines échéances électorales pour arracher la liberté et le devenir
de leur peuple. Comme dit un adage sénégalais : "Yallah bou thi thiat
douggou" (Touchons du bois). Les burkinabés sont entrain de démontrer
encore une fois en Afrique que la liberté s'arrache avec une bonne
conscience de ce que l'on veut par pacifisme d'abord et la violence par
principe mais elle ne se quémande point ni se demande comme ce fut le
cas des années dites "d'indépendance". Et il est même certain que
d'autres pays vont suivre si les dictateurs africains actuels tentent à
nouveau de s'éterniser au pouvoir car dans toute démocratie réelle qui
se dit respectueuse à l'égard de son peuple, le nombre de mandats régi
par suffrage universel se doit d'être désormais limité à 2 quinquennats
et moins même moins de 5ans par mandat et que le pouvoir demeure
réellement aux mains du peuple de par respect des élus à ses aspirations
en terme de bonne gouvernance et de transparence en la gestion des
affaires de la cité pour l'intérêt de tout le peuple concerné.
Ce qu'il faudra éviter au lendemain de telles révolutions est que des
pays comme la France ou la Grande Bretagne à travers leurs
multinationales ou représentants diplomatiques reviennent soit pour
choisir à nouveau des dirigeants à mettre à la place de ceux déchus par
les peuples africains souverains ou établir des deals avec les
dirigeants qu'auront déjà choisi les peuples africains. Ce qu'il faudra
surtout que nos dirigeants comprennent est la volonté des populations
africaines à défendre leurs intérêts tout en développant nos pays. Pour
l'instant, c'est toujours à ce niveau que le suivi flanche aux
lendemains des révolutions, comme au Sénégal quand le président Macky
Sall est allé s'agenouiller environ une semaine après son élection
devant François Hollande pour signer des accords et demander des prêts
dont on ignore toutes les conditions. A la suite de ces révolutions, le
tissage de liens entre les pays africains par leur jeunesse doit être
encouragé afin de pouvoir donner naissance ultérieurement à une vraie
Union Africaine qui prendra sa responsabilité sur le continent noir avec
des décisions concertées entre autorités des pays africains et une
indépendance qui ne souffrira d'aucune permission ou autorisation
préalable à demander aux ex-colonisateurs des pays africains comme c'est
le cas actuellement. Ce qu'il nous faudra n'est pas forcément une
"Etats Unis d'Afrique" mais des états indépendants mais unis de par leur
conscience en leurs intérêts et leur aide mutuelle entre pays africains
pour uniquement se ruer à la tâche pour satisfaire cette volonté des
peuples africains de retrouver une liberté entière. Ce qui nous
retarderait le plus dans l'objectif d'atteindre de ce dessein légitime
resteront les corrupteurs et les corrompus parmi les populations
africaines, la guerre civile généralement à cause d'une immaturité des
populations et l'entêtement des dirigeants à durer coute que coute au
pouvoir. Il faudra surtout au minimum la culture de la morale.

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