Chaque jeune africain(e) d'ici, d'ailleurs ou d'origine se doit de connaître Thomas Sankara et ses idées. La raison est qu’il reste l'un des dirigeants africains les plus illustres et courageux que notre continent n'a jamais connu à avoir démontré que l’auto-suffisance africaine était possible en si peu de temps. Et le Salut de l’Afrique réside bien plus en cela que, selon le journaliste Elkabbach, dans la réalisation du projet lobbyiste d’un émissaire politicien (JL Borlo) du monde de la finance internationale pour leur projet dit « Energie pour tous ».
Thomas Sankara a eu à décortiquer non seulement ce dont beaucoup d'africains ne réalisent que durant ces récentes années. Il a eu aussi à dénoncer tous les fondements du système actuel très évolutif et adaptable quelque soit les pays qui en dépendent. Tous les peuples africains vivent ce système de gré ou de force depuis les années dites d'indépendance et bien avant même avec beaucoup de contraintes sans qu’on leur demande leur avis ni leurs conditions dans les décisions qui les concernent. Thomas Sankara explique les fondements de ce système, qui ne sont plus un secret pour bon nombre de jeunes africains encore moins un "secret d'état". Ses discours sont animés d’un verbe désarmant, éloquement sage pour ne pas dire africain et compréhensible non seulement par son peuple mais par tous les peuples du continent et au delà. Et cela, jusqu'à ce qu’il finit par constituer une menace pour les intérêts du néocolonialisme en Afrique et même faire avouer au défunt président François Mittérand côte à côte, « Avec lui, il n'est pas facile de dormir en paix (parce que) il ne vous laisse pas la conscience tranquille ». Une affirmation qui peut expliquer sa liquidation plus tard. Le vocabulaire de son éloquence n'est ni celui d’un “intellectuel" ni celui d'un “ignorant” mais atteint objectivement la raison de sa logique parce qu’explicitement simplifié.
Les dépositaires de ce système rodé et leurs héritiers feront toujours semblant d'aider les peuples africains à se "développer" de par les agissements usuriers de leurs institutions financières comme le FMI ou la BM. En réalité, c’est un système de pillage sophistiqué et très inscrit dans le temps. Un système qui pille toujours davantage jusqu'à la limite du possible qu'il n’aide les peuples africains toujours conditionnés en tout malgré leur souveraineté qui reste globalement illusoire. Les bases de cette domination du système qui tentera toujours de maintenir les pays qu'il désigne par "tiers-monde", "PPTE" (Pays Pauvres et Très Endettés), en "voie de développement" ou "émergents", reste principalement le lest que constitue LA DETTE. C’est une dette aux taux d'intérêts usuriers qui croissent exponentiellement pour nos états supposés souverains selon les réalités économiques des pays dits riches. Le principe de la dette reste le symbole de la continuité de l'esclavage comme Thomas Sankara l’explique dans ce fameux discours d’Addis Abéba. Cet esclavage modernisé par ce système est vécu par tout individu, organisme, entreprise, état, etc. endettés vu que tout est conditionné dans ce système à tel enseigne que l'endetté demeure tout le temps endetté. Il est aussi obligé à travailler pour autrui (salarié) pour se nourrir, se loger et se payer de la santé. C’est ainsi que tous les endettés participent à nourrir ce système tel qu’un ogre en payant toujours à leurs créanciers pour ne pas dire maîtres (les prêteurs ou les taxeurs). Le discours de Thomas Sankara sur la dette devant l'assemblée de l'Union Africaine à Addis Abéba 3 mois à peine avant son assassinat (le 15/10/1987) marque le jour où il a démantelé avec courage la cupidité organisée que vivent les peuples africains et le monde par extension sous d'autres formes, devant ses paires et la communauté internationale.
L'autre élément de base qui fait que ce système perdure demeure au niveau de ceux qui prennent les décisions influentes sur la destinée des peuples africains. Chaque jeune africain se doit toujours de savoir pour qui travaillent les dirigeants de son pays : leurs peuples ou leurs propres personnes ? La personne de Blaise Compaoré dans l’histoire de Sankara et tant d'autres aux ordres de ce système pour surtout leurs propres intérêts, leur assoifement au pouvoir ou leur attachement à vouloir rester d’éternels colonisés, démontre ainsi que l'ennemi le plus redoutable de l'africain reste l'africain. Au cas où le jeune africain ignore tous ces éléments de base et surtout la vision de Thomas Sankara à propos de l’économie intégrant l’éducation, l’agriculture, la santé publique, sa conception de la liberté, son humanisme et surtout son courage, il ne saurait jamais de quoi notre continent attendrait de lui. Que ce soit dans les enjeux du moment et de l'avenir sachant que les futurs dirigeants du continent africain sont parmi sa jeunesse africaine.
La jeunesse africaine ne doit pas accepter ainsi que le système mondialisé qu'il vit par imposition et globalement à son insu depuis des générations la divertisse à tout moment par tous les détails du monde qui puissent lui faire oublier ses réalités de retardataires et de précarité de vie des siens mais aussi ses devoirs. L'amour et la passion effrénés dont une certaine jeunesse africaine laisse leur personne vouer au football, au basket et à tout sport de cet ordre comme la lutte chez nous et d’autres amusements comme la musique et ses danses, etc. est un frein absolu contre cette conscience tant attendue par le continent. Une conscience que les dignes fils de ce continent comme Thomas Sankara ou Patrice Lumumba ont été les initiateurs, théoriciens mais aussi les acteurs de par leur sacrifice malgré tout ce qu'on puisse leur reprocher. L’on peut tuer un homme mais jamais ses idées encore moins ses actions.
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